La transformation digitale : un accélérateur de l’excellence opérationnelle au service des organisations

Claire Martin, directeur général de Renault-Nissan Consulting et Aurélien Debacq, consultant senior, reviennent sur les enjeux de la transformation digitale aussi bien en interne que pour les entreprises que le cabinet accompagne.

 

Vous accompagnez Renault dans sa transformation digitale. Qu’est-ce que cela implique ?

Claire Martin : Au sein de Renault-Nissan Consulting, nous avons la conviction qu’une transformation digitale réussie s’appuie d’abord sur une optimisation préalable des processus. Le digital apporte des avancées considérables en termes de productivité, de compétitivité, de réduction des délais et de qualité. Cette transformation va évidemment toucher nos produits, nos process et le parcours client mais, en parallèle, elle implique aussi une évolution des façons de travailler, des modes de fonctionnement voire des relations hiérarchiques. Cela sous-entend une transformation des états d’esprit et de la culture d’entreprise.

 

Quels sont les principaux projets digitaux sur lesquels vous avez été amenés à travailler ?

Aurélien Debacq : Sur la partie amont de l’entreprise, au niveau du manufacturing, des process engineering et de la supply chain, nous avons accompagné les équipes sur des projets de POC (Proof Of Concept), une façon de travailler plus rapide et plus flexible : création de business cases, mise en place du POC, plan d’industrialisation et de déploiement pour les tests ayant fait leurs preuves.

J’ai également collaboré à des projets d’accélération digitale et de transformation des équipes informatique aussi bien pour Renault que pour nos clients externes. Nous avons par exemple mis en œuvre un programme de formation aux méthodes dites ‘agiles’ pour certains salariés. Nous les avons coachés sur ces méthodologies jusqu’à ce qu’ils atteignent un niveau d’autonomie suffisant. Une seconde étape a ensuite été conduite avec le management pour identifier les pré-requis qui permettraient le déploiement à plus grande échelle de ces méthodologies. Enfin, nous avons aussi aidé la Direction informatique à réaliser un mapping des compétences digitales et à construire ainsi le plan de transformation digitale sur la base de ces leviers recrutement et formation.

Le second projet portait sur  la data privacyet l’accompagnement des équipes commerciales afin de construire un référentiel sur ce sujet. Ce dossier a inclus, entre autres, une cartographie des flux de données. Nous avons travaillé avec un cabinet d’avocats spécialisé qui a traduit le langage juridique en langage opérationnel. Ce référentiel a été déployé auprès des pays et des filiales et nous les avons aidés à adapter le support en fonction des contextes géographique et juridique. 

 

Quels sont les défis de la transformation digitale et numérique pour Renault ?

C.M : Il est important d’avoir une vision claire des impacts et des bénéfices qui peuvent en découler. Pour le client tout d’abord car les nouvelles technologies doivent nous aider à mieux répondre à ses attentes ; pour les salariés, le digital peut apporter davantage d’agilité et de responsabilisation ; enfin pour l’entreprise elle-même avec davantage de 

compétitivité, de fluidité et de profitabilité. L’industrie automobile est basée sur les économies d’échelle : nous mesurerons les impacts quand nous serons passés à la digitalisation dans une proportion plus importante. Nous avançons dans cette direction afin de faire face à cet enjeu stratégique.

A.D : Le digital propose de nouveaux produits et services et impacte ainsi fortement le parcours client. En parallèle, l’apport de nouvelles technologies ou de nouveaux modes de communication modifie les relations entre les différentes parties prenantes (partenaires, fournisseurs, clients, salariés,…) : si le digital favorise la co-création et la collaboration, il demande aussi d’intégrer une plus grande transparence et plus de réactivité. 

 

Comment votre propre transformation digitale va-t-elle impacter l’accompagnement de vos clients ?

C.M : Nous avons déjà débuté par souci d’efficacité et d’exemplarité : si nous voulons apporter des conseils pertinents sur la transformation digitale, nous devons ‘le vivre’ en interne et déployer les outils qui permettront d’optimiser notre fonctionnement interne. Bref, appliquer nous-mêmes ce que nous recommandons  à nos clients !

Dans le digital, nous ne pouvons pas rassembler tous les savoir-faire et connaissances dans une seule entité. Cela suppose un écosystème qui s’appuie sur une approche de co-construction et de coopération entre les opérationnels, les consultants, les chercheurs, les start-ups, ou les initiatives prises par les entrepreneurs et les intrapreneurs. C’est d’ailleurs pourquoi Renault-Nissan Consulting a accueilli et soutenu le projet d’Aurélien. Il crée actuellement une start-up, Yellow Square*, qui rejoindra notre écosystème et il partagera les connaissances acquises par cette initiative. Nous essayons donc d’incarner nous-mêmes cette transformation pour être plus pertinents et plus rapides.

*http://yellowsquare.fr/